L'HISTOIRE D'UN S(H)ITE !!!!! (par RAKOTOMAVO Andy)

Il était une fois un jeune page, rusé parmi les rusés, madré parmi les madrés, cauteleux parmi les cauteleux, qui au retour de l'une de ses innombrables, et oh combien, bienfaitrices pérégrinations, rassembla autours de lui ses plus fidèles compagnons. Après moults babillages sur la question de la stupidité humaine, il lança sans crier gard à ses comparses : "Mes amis, je vous le dis en vérité, je veux être calife à la place du calife. Et vous serez, mes très chers compagnons, mes grands vizirs ! "

En entendant ces belles et, doit-on le dire, très surprenantes paroles, ses gentils, mais hélas, cent fois hélas, fort niais compagnons, une fois le coup de la divine surprise passé, crièrent de joie et de bonheur, s'embrassèrent encore et encore (certains même là où les Saintes Ecritures l'interdisent), et s'enlacèrent en se jurant que seul l'Appel de l'ÉTERNEL les séparera en ce bas monde.

Quelques déluges plus tard, alors que le jeune et bon page est un calife sans califat, et les braves compagnons des imbéciles heureux de plus dans le club on ne peut plus sélect des débiles au cœur de bois, vint, comme la pluie torrentielle au beau milieu d'un désert de sable, un respectable et respecté personnage, répondant au patronyme plutôt fantasque de ZESUIOUF et qui leur annonça d'une voix sibylline : "Mes biens chers frères, réjouissez-vous car, aussi sûr que le Christ fut crucifié sur le Golgotha, j'ai percé le secret de la Vie Éternelle !"

Sur ce, nos braves amis s'en allèrent, tout aussi perplexes que fascinés d'être d'une telle... ineptie. Après tout, la chose a vu courir derrière elle autant de bougres qu'une jeune pucelle, à la poitrine "balconnée" et aux jambes fuselées, a connus de soupirants lui baisant les doigts de pieds. Mais c'était sans compter sur ce bon et jeune page à l'intelligence débordante(pire que les légendaires crues du Grand Nil) qui rameuta aussitôt sa petite bande de mandrills, et leur proposa de faire le "meilleur usage" de cette trouvaille lumineuse. A ce niveau, la question à cent francs était "Comment utiliser quelque chose qui ne nous appartient pas et qui de surcroît n'est pas à la portée, intellectuellement parlant du premier gredin venu ?"

Qu'à cela ne tienne, et faisant fi de tous ces détails qu'il considérait comme broutilles de tapissières, notre calife (sans califat) alla trouver ZESUIOUF et lui tint ses propos : "Fais moi part de ton secret et je te divulguerai en retour la recette du bonheur sur terre". Et on ne sait par quel miracle de la bouffonnerie de cette espèce en voie de dégénérescence qu'est l'Homme, le coquin de page se retrouva en possession de la découverte du vieux et sénile ZESUIOUF. Il alla tout de suite à la rencontre de ses fidèles amis et leur fit part de ses desseins : "Partageons-nous cette manne. A vous tous la vie, et à moi, la portion congrue, à savoir l'éternité". Dans l'euphorie cacophonique qui s'ensuivit, les fidèles compagnons de galères s'accordèrent à l'unanimité sur ce dithyrambe : "Ce calife (sans califat) est vraiment un saint Homme."

L'adage populaire dit : "A malin, malin et demi".

L'oracle a dit que d'une histoire aussi saugrenue que banale viendra la lumière qui guidera les mécréants vers la vraie foi (toute interprétation religieuse de ceci étant à bannir sans restriction, n'est-ce pas ? ).

Le bon et jeune page a dit : "De toutes les réflexions qui suivront à tout ceci, aucune ne s'approchera, ne serait-ce qu'à mille lieues, de la morale de toutes ces péripéties.

Moi, je dis que la seule et unique vérité est celle que l'on croît être le plus gros des mensonges au milieu d'une multitude de semblant de vérités.

P.S: Avis aux foulosophes du dimanche, le mail c'est studs@syfed.refer.mg