REEM 94 2.2 Les Marais Maritimes et les Mangroves
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2.2. LES MARAIS MARITIMES ET LES MANGROVES

2.2.1. Répartition et superficie des mangroves à Madagascar

2.2.2. Biodiversité des mangroves


Les marais maritimes sont de grandes étendues meubles et planes soumises au rythme des marées et en partie couvertes par un type de végétation amphibie, la MANGROVE. En arrière de la mangrove, il y a parfois de grandes surfaces nues ou herbeuses appelées TANNES, des forêts et des prairies marécageuses" (Lebigre, 1990).

2.2.1. Répartition et superficie des mangroves à Madagascar

La mangrove est donc par définition un type de formation végétale composée d'essences particulières, halophiles (ou Palétuviers) installé sur les marais maritimes : au niveau des estuaires, des deltas, des lagunes, des baies, etc;;;

A Madagascar, la côte Ouest, basse, plate, assez découpée, sujette à des fortes différences de marée, et présentant des eaux calmes, est favorable à l'extension de ces formations (GACHET, 1959).

La côte Est de configuration presque rectiligne, avec peu d'estuaires importants, un faible retrait des eaux souvent agitées et formant une "barre" qui affouille les sables en permanence, offre peu de possibilités pour leur installation.

Madagascar compte de 300.000 à 400.000 ha de mangroves selon les auteurs (Perrier de la Bathie, 1921 ; Kiener, 1972; Lebigre, 1990). Les nouvelles estimations tiennent compte de l'ensemble des mangroves et tannes (Lebigre, 1990) : environ 425.000 ha pour l'ensemble des marais maritimes dispersés sur 6.597 Km de littoraux, et dont 99% sont cantonnés à l'Ouest de l'île (cf. Tableau 2.1.).

2.2.2. Biodiversité des mangroves

2.2.2.1. La flore

Les Palétuviers de Madagascar, arbres inféodés à la mangrove, se rattachent à un domaine oriental qui couvre l'Océan Indien et l'Océan Pacifique. Ces végétaux assez particuliers sont adaptés à vivre dans un milieu asphyxiant et fortement salé. Il s'agit de :

Selon les cas, la mangrove peut comporter tout ou partie de ces espèces ou seulement l'une d'entre elles. Ces vrais palétuviers peuvent être associés à d'autres espèces ligneuses ou herbacées plus ou moins tolérantes à la salinité du milieu dont le sol est perpétuellement gorgé d'eau.

2.2.2.2. La faune

La faune y est abondante et susceptible d'être utilisée à des fins alimentaires. La plupart des espèces inféodées à ce milieu est adaptée aussi à la forte salinité.

La majorité des Mammifères, Oiseaux et Reptiles des mangroves n'est pas inféodée à ce milieu. Ils proviennent souvent des milieux voisins et y séjournent pour s'alimenter. Les Mammifères y sont d'ailleurs rares à part les Chauve-Souris (Pteropus, Epomorphus). Plusieurs oiseaux réputés menacés y trouvent refuge : Héron de Humbolt, Sarcelle de Bernier, Aigle pêcheur, crabier blanc, Ibis à cimier, Pluvier à bandeau noir, Les Echassiers (Ardéidés, Flamants roses) migrateurs comme les endémiques fréquentant les mangroves pour chasser les mollusques, crustacés et petits poissons.

La faune aquatique est beaucoup mieux représentée par les Poissons et les Crustacés, en particulier par les espèces qui constituent une ressource alimentaire très prisée : le crabe Scylla serrata, et les Crevettes (Penaeus indicus, Penaus monodon, Alpheus crassimanus, Alpheus edwardsii...).

Des gastéropodes rares sont présents dans certaines mangroves de la région de Toliara : Oncidium verruculatum et Cassidulia labrella.

2.2.2.3. Utilisation de la biodiversité des mangroves

A l'exclusion de l'exploitation tannifère du début de ce siècle, les mangroves demeurent encore peu exploitées. Néanmoins, la menace semble provenir aujourd'hui de l'exploitation du bois de palétuvier pour alimenter les centres urbains en bois de feu, en charbon de bois et en bois de construction (cas de Mahajanga et Toliara).

La pêche et le ramassage restent encore artisanales quoi que de nombreuses sociétés de pêche opèrent maintenant depuis plusieurs années dans les zones du Nord-Ouest et ont tendance à devenir industrielles.

Le démarrage récent de l'aquaculture de Crevettes dans les mangroves est encourageant pour l'économie (cas de la Mahajamba). Le principal danger consisterait en une destruction massive de la mangrove pour assurer l'aménagement des bassins d'élevage.

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